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Train Corail

ce que c’est, où en prendre un, ce qui le remplace

Cinquante ans après les premières livraisons, ces voitures grises à portes orange roulent toujours. Ce qu’elles ont changé, et ce qui arrive derrière.

Couloir central d'une voiture de train ancienne, sièges gris à poignées rouges et rideaux aux fenêtres
Réponse rapide

Corail ne désigne ni une ligne ni un service commercial, mais une famille de voitures voyageurs tractées par une locomotive, mises en service à partir de 1975. Elles ont apporté la climatisation généralisée et une livrée grise à portes orange dessinée par Roger Tallon. Elles roulent encore sur des relations Intercités et sur les trains de nuit.

  • Une voiture, pas un train : des caisses sans moteur, tractées par une locomotive et assemblées selon l’affluence.
  • 1975 : climatisation, insonorisation et aptitude à 160 km/h et plus, un saut de génération pour l’époque.
  • Le nom est discuté : la contraction de confort et rail circule partout, la piste de la couleur orange est au moins aussi crédible.
  • Encore en service : plusieurs relations Intercités de jour et les Intercités de Nuit, avec des compositions qui varient.
  • La relève : les rames Oxygène de CAF, annoncées à partir de 2027 sur Paris-Limoges-Toulouse.

Corail désigne une voiture, pas une ligne

Corail n’est ni une destination, ni un nom de service commercial, ni une catégorie de billet. C’est le nom d’une famille de voitures voyageurs, c’est-à-dire des caisses tractées par une locomotive placée en tête.

La distinction avec le matériel moderne est réelle. Un TER récent ou un TGV forment une rame automotrice : la motorisation est répartie dans l’ensemble, et le train se prend comme un bloc indivisible. Une voiture Corail, elle, n’a pas de moteur. On l’accroche, on la décroche, on en met huit ou douze selon l’affluence, et une locomotive tire le tout.

Cette architecture explique la longévité du matériel. Un parc de voitures interchangeables se réaffecte, se rénove et se recompose bien plus facilement qu’une rame d’un seul tenant. C’est aussi pour cela qu’on peut encore, cinquante ans après les premières livraisons, monter dans une de ces voitures.

1975

ce que ces voitures ont changé

Avant elles roulaient des voitures vertes, mal insonorisées, sans climatisation, où l’on ouvrait la fenêtre en été et où le bruit du roulement rendait la conversation difficile. L’arrivée des Corail, à partir de 1975, marque un saut de génération.

La climatisation devient la règle et non l’exception. L’insonorisation et la suspension transforment le confort de roulement. Les caisses, longues d’un peu plus de vingt-six mètres, sont aptes à des vitesses élevées : cent soixante kilomètres par heure, et jusqu’à deux cents sur les séries les plus rapides.

Le dessin est confié à Roger Tallon, designer industriel de premier plan, à qui l’on doit aussi le travail sur d’autres matériels ferroviaires français. La livrée en deux gris avec des portes orange vif tranche radicalement sur le vert wagon des générations précédentes. On reconnaît un train Corail de loin, et c’était voulu.

Le programme s’étale sur une quinzaine d’années, jusqu’à la fin des années 1980, et le parc se compte en milliers de véhicules. Les sources divergent sur le total exact, entre trois mille et quatre mille selon les périmètres retenus. L’ordre de grandeur suffit à mesurer ce que représentait cette commande pour le service voyageurs de l’époque.

D’où vient le nom

L’explication que tout le monde répète tient en une contraction : confort et rail. Elle est séduisante, elle circule partout, et elle est peut-être fausse.

D’autres sources rappellent que le nom a été retenu parmi de très nombreuses propositions, et qu’il évoque d’abord une couleur — celle des portières orange vif qui signent la livrée. L’acronyme aurait été reconstruit après coup, comme il arrive souvent avec les noms de marque réussis. Les deux explications circulent, aucune n’est établie.

Reconnaître une Corail sur un quai

Quelques indices se lisent sans connaissance particulière du matériel roulant.

IndiceCe qu’on observeCe que ça indique
La tête du trainUne locomotive, puis une file de voitures identiquesMatériel tracté, pas une rame automotrice
Les caissesMême longueur d’un bout à l’autre, rythme de fenêtres régulierVoitures d’une même famille, assemblées à la demande
Les portesOuverture manuelle, mouvement battantSérie ancienne, à l’inverse des portes coulissantes du matériel récent
Le bruit à l’arrêtUn souffle continu et bien audibleLa climatisation d’origine, plus présente que sur les rames neuves

Reste l’aménagement intérieur, qui demande d’être monté à bord. Certaines voitures sont organisées en salle, avec un couloir central et des sièges de part et d’autre. D’autres conservent des compartiments fermés desservis par un couloir latéral, une configuration devenue rare et qui surprend les voyageurs habitués aux grands plateaux ouverts.

Ce que ça change à bord aujourd’hui

Le confort de 1975 n’est pas celui de 2026, et c’est précisément ce qui justifie le renouvellement en cours. Voici ce qu’on trouve, et ce qu’on ne trouve pas.

Ce qui tient

L’espace et le silence

Les sièges sont larges, l’espace entre les rangées généreux au regard des standards actuels, et l’insonorisation reste correcte. Sur un trajet de plusieurs heures, beaucoup de voyageurs préfèrent encore ces voitures à des aménagements plus denses.

Ce qui manque

Les prises et la connexion

Selon les voitures et leur niveau de rénovation, les prises électriques sont rares, mal placées ou absentes, et il n’y a pas de connexion sans fil à bord. Sur un long trajet, une batterie externe n’est pas un luxe mais une précaution.

Ce qui varie

L’état d’une voiture à l’autre

Le parc a connu plusieurs vagues de rénovation, et deux voitures du même train peuvent ne pas avoir le même âge d’aménagement. Les espaces bagages, en particulier, sont dimensionnés pour une époque où l’on voyageait avec moins de valises à roulettes.

Où en prend-on encore une

Ces voitures n’ont pas disparu. Reléguées des grandes lignes par la montée en puissance de la grande vitesse, elles ont trouvé une seconde carrière sur les relations classiques et sur les trains de nuit, où leur modularité reste précieuse : on ajoute des voitures pour un départ chargé, on en retire hors saison.

Entre-temps, ces voitures ont porté plusieurs marques commerciales aujourd’hui disparues. Au début des années 2000, une partie du parc rénové circule sous le nom de Téoz sur les grandes radiales classiques, tandis que les relations de nuit sont regroupées sous l’appellation Lunéa. Les deux marques ont été absorbées au début des années 2010 dans l’ensemble Intercités, qui désigne depuis lors les trains classiques de longue distance. Le matériel, lui, n’avait pas changé : les mêmes caisses, avec d’autres logos sur les flancs.

Aujourd’hui, on en croise encore sur plusieurs relations Intercités de jour, en particulier sur les grands axes transversaux et radiaux non desservis par la grande vitesse — l’axe Paris-Orléans-Limoges-Toulouse et la ligne Paris-Clermont-Ferrand en sont les exemples les plus connus. Les Intercités de Nuit en utilisent également, ainsi que quelques services régionaux.

Une composition n’est jamais figée

Sur une même relation, le matériel peut changer d’un jour à l’autre selon les disponibilités et les opérations de maintenance. Aucune liste de lignes ne reste exacte très longtemps : si le type de matériel compte pour vous, renseignez-vous auprès de l’exploitant plutôt que de vous fier à une page recopiée.

Ce qui va les remplacer

Le renouvellement est engagé. L’État a financé une commande de vingt-deux rames neuves destinées aux lignes Intercités structurantes, confiée au constructeur espagnol CAF, qui les assemble sur son site de Reichshoffen, en Alsace. Ces rames portent le nom d’Oxygène et doivent prendre la relève du matériel tracté actuel.

Les chiffres annoncés donnent une capacité d’environ quatre cent vingt places par rame, réparties entre seconde et première classe, soit une vingtaine de plus qu’aujourd’hui. L’équipement prévu comprend des sièges revus, une connexion sans fil, des prises électriques et des ports de recharge à chaque place, un espace de restauration et des aménagements pour les personnes à mobilité réduite. Autrement dit, exactement ce qui manque aujourd’hui.

Côté calendrier, des essais de fiabilité sont annoncés sur les axes concernés, avant une mise en service commerciale échelonnée : l’axe Paris-Orléans-Limoges-Toulouse en premier, à l’horizon 2027, puis la transversale Bordeaux-Marseille à la fin de la décennie.

Un calendrier annoncé, pas acquis

Le programme a déjà pris du retard sur son échéance initiale. Les dates ci-dessus sont celles annoncées par l’exploitant et le constructeur : elles peuvent encore bouger, comme souvent sur un programme ferroviaire de cette taille. Ne pas y voir une date de retrait des Corail.

D’ici là, elles continuent de rouler. Celles qui sont réformées partent au démantèlement, notamment sur les sites de Chalindrey et du Mans, quand elles ne trouvent pas une troisième vie sur des réseaux étrangers. Pour un voyageur curieux, il reste quelques années pour monter dans une voiture dessinée au milieu des années soixante-dix et comprendre pourquoi elle a marqué une génération d’usagers.

Qu’est-ce qu’un train Corail exactement ?

Ce n’est pas une ligne ni un type de billet, mais une famille de voitures voyageurs sans motorisation, tractées par une locomotive placée en tête. On en accroche huit, dix ou douze selon l’affluence. Cette architecture modulaire, très différente d’une rame automotrice comme un TGV ou un TER récent, explique la longévité de ce matériel.

Les voitures Corail circulent-elles encore ?

Oui. Écartées des grandes lignes par la montée en puissance de la grande vitesse, elles ont poursuivi leur carrière sur les relations classiques : plusieurs liaisons Intercités de jour, les Intercités de Nuit et quelques services régionaux. La composition d’un train n’étant pas figée, le matériel peut changer d’un jour à l’autre sur une même relation.

Que veut dire le mot Corail ?

L’explication la plus répandue y voit une contraction de confort et de rail. Elle est discutée : d’autres sources rappellent que le nom a été choisi parmi de nombreuses propositions et qu’il évoque avant tout une couleur, celle des portières orange vif qui signent la livrée. L’acronyme aurait alors été reconstruit après coup.

Comment reconnaître une voiture Corail sur un quai ?

Cherchez la locomotive en tête suivie de voitures identiques, toutes de même longueur, avec un rythme de fenêtres régulier. Sur les séries anciennes, les portes s’ouvrent manuellement en battant, là où le matériel récent utilise des portes coulissantes. À l’arrêt, la climatisation se signale par un souffle continu bien audible.

Y a-t-il encore des compartiments ?

Dans certaines voitures, oui. L’aménagement varie selon les sous-séries : les unes sont organisées en salle, avec un couloir central et des sièges de part et d’autre ; les autres conservent des compartiments fermés desservis par un couloir latéral. Cette seconde configuration est devenue rare et surprend souvent les voyageurs habitués aux plateaux ouverts.

Par quoi seront-elles remplacées et quand ?

Par les rames Oxygène, vingt-deux exemplaires commandés au constructeur CAF et assemblés à Reichshoffen, en Alsace, pour les lignes Intercités structurantes. La capacité annoncée est d’environ quatre cent vingt places, avec sièges revus, connexion sans fil, prises à chaque place et espace de restauration. La mise en service est annoncée à partir de 2027 sur l’axe Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, puis à la fin de la décennie sur Bordeaux-Marseille, sous réserve des glissements habituels d’un programme industriel.

Un matériel qui roule depuis cinquante ans finit par raconter le pays qu’il traverse mieux que les trains qui le doublent.